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Le Livre Choukran : l'histoire d'une transmission entre une mère, son fils et tout un pays

PortraitsPar Équipe Choukran
6 min de lecture

Il y a des livres de cuisine qui se lisent comme des manuels. Et puis il y a le Livre Choukran. Celui-ci se lit comme une lettre d'amour. Une lettre adressée à une mère, à un pays, à toutes celles qui ont cuisiné sans jamais rien écrire.

Des recettes apprises en regardant

Abdel Alaoui n'a jamais eu de cahier de recettes. Pas de grammes précis, pas de minuteur, pas de mode d'emploi. Ce qu'il sait, il l'a appris en regardant. En se tenant debout dans la cuisine de sa mère, en observant ses gestes, en écoutant le rythme du pilon dans le mortier.

C'est comme ça qu'on apprend au Maroc. On ne dit pas « mets 200 grammes de ceci ». On dit « mets jusqu'à ce que ça sente bon ». La cuisine se transmet par les sens, par la répétition, par la présence. Il faut être là. Regarder. Encore et encore.

L'enfant dans la cuisine de sa mère

Avant d'être chef, Abdel était un enfant assis sur le sol de la cuisine. Un enfant qui regardait sa mère rouler le couscous entre ses paumes, qui sentait l'odeur du ras el-hanout envahir la pièce, qui volait un morceau de viande dans la marmite quand personne ne regardait.

Cette cuisine-là n'avait rien de gastronomique. Elle était quotidienne, nécessaire, nourricière. Mais elle portait en elle toute la beauté du monde. Parce qu'elle était faite avec amour, avec patience, avec ce savoir silencieux que seules les mères possèdent.

Un hommage aux mères marocaines

Le Livre Choukran n'est pas un livre de recettes ordinaire. C'est un hommage. Un hommage à toutes ces femmes qui ont nourri des familles entières sans jamais recevoir de reconnaissance publique. Qui ont passé des heures debout devant un fourneau. Qui ont transmis un patrimoine culinaire immense sans jamais le formuler en mots.

Ces femmes sont les véritables gardiennes de la cuisine marocaine. Et ce livre leur appartient.

Un mémoire familial

Au-delà des recettes, le Livre Choukran est un mémoire. Il raconte l'enfance, les repas du vendredi, les fêtes de l'Aïd, les étés au bled. Il raconte une famille, un quartier, un pays. Il raconte cette chose universelle et pourtant si intime : le goût de la maison.

Chaque recette est accompagnée d'un souvenir. Chaque plat est lié à un moment. Le couscous de la grand-mère, la harira du Ramadan, les cornes de gazelle de la fête. Ce n'est pas un livre qu'on pose sur une étagère. C'est un livre qu'on garde dans le cœur.

La naissance de Choukran

C'est de ce livre, de ces souvenirs, de cette transmission que Choukran est né. Pas d'un business plan. Pas d'une étude de marché. D'une envie irrépressible de partager ce que sa mère lui avait donné. De mettre dans une assiette toute la tendresse d'une cuisine maternelle.

Choukran, c'est le prolongement de cette cuisine familiale. C'est la même générosité, le même amour, les mêmes gestes — mais portés vers le monde. Pour que chacun puisse goûter ce que les enfants du Maroc ont goûté en premier : le bonheur d'un plat fait par une mère.

Une histoire d'amour

Au fond, le Livre Choukran est une histoire d'amour. L'amour d'un fils pour sa mère. L'amour d'une mère pour sa cuisine. L'amour d'un pays pour ses traditions. Et l'amour d'un chef pour le partage.

C'est cette même émotion que nous cherchons à transmettre dans chacun de nos restaurants. Que quand vous vous asseyez chez Choukran, vous ressentiez un peu de cette chaleur. Celle d'une cuisine de maman. Celle d'un foyer. Celle d'un pays tout entier qui dit : bienvenue, assieds-toi, mange.

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